
Bail location : Préavis du locataire, quelle date marque réellement la fin du bail ?
Quitter un logement paraît simple. Le locataire adresse son congé, organise son déménagement, réalise l’état des lieux puis remet les clés. Pourtant, plusieurs dates se succèdent et ne produisent pas les mêmes effets. La date inscrite sur la lettre, celle de son envoi, celle de sa réception, le jour du déménagement et la remise des clés peuvent être différents. Une confusion de quelques jours suffit alors à provoquer un désaccord sur le dernier loyer.
Sommaire
- La date d’envoi marque-t-elle le début du préavis ?
- Une lettre recommandée non retirée déclenche-t-elle le délai ?
- Comment calculer la date exacte de fin du préavis ?
- Le préavis dure-t-il toujours trois mois ?
- La remise des clés met-elle fin au bail plus tôt ?
- L’arrivée d’un nouveau locataire interrompt-elle le paiement ?
- Le dernier loyer doit-il être payé en totalité ?
- L’état des lieux de sortie fixe-t-il la fin du contrat ?
- Le locataire peut-il choisir une date plus tardive ?
- Que se passe-t-il en colocation ?
- Quelle date faut-il finalement retenir ?
- L’avis expert de Lesiteimmo.com
- Pour finir, une date bien calculée évite les derniers litiges
- Questions fréquentes sur le préavis du locataire
La règle principale reste pourtant claire. Lorsque le locataire donne congé, le délai de préavis commence le jour où le propriétaire reçoit valablement la notification. Le bail prend fin à l’expiration de ce délai, sauf accord particulier entre les parties ou arrivée anticipée d’un nouveau locataire. Ni l’envoi de la lettre ni le départ matériel du logement ne suffisent à eux seuls.
La date d’envoi marque-t-elle le début du préavis ?
La date d’envoi ne constitue pas le point de départ du préavis. Le délai commence seulement lorsque le propriétaire ou son mandataire reçoit officiellement le congé.
Cette distinction devient importante avec une lettre recommandée. Un locataire peut poster son courrier le 2 septembre, mais le propriétaire peut ne le recevoir que le 5 septembre. Le préavis commence alors le 5 septembre. Les trois jours nécessaires à l’acheminement ne réduisent pas sa durée.
La date rédigée sur la lettre ne change pas davantage le calcul. Le locataire peut annoncer qu’il souhaite partir le 30 septembre. Cette date ne s’impose pas au bailleur si le congé arrive trop tard pour respecter le préavis applicable.
L’article 15 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que le délai court à compter de la réception de la lettre recommandée, de la signification par un commissaire de justice ou de la remise en main propre. Cette règle apparaît dans la version en vigueur de l’article 15 publiée par Légifrance.
Une lettre recommandée non retirée déclenche-t-elle le délai ?
Une lettre recommandée ne produit pas son effet simplement parce que le facteur a déposé un avis de passage. Le propriétaire doit réellement recevoir le courrier. Si celui-ci ne retire pas la lettre et que La Poste la renvoie au locataire, le congé ne bénéficie pas d’une notification valable. Le préavis ne commence donc pas.
Cette situation place le locataire dans une position inconfortable. Il peut croire que son départ est enregistré alors que le bail continue. Chaque jour de retard décale la date de fin du préavis et prolonge potentiellement le paiement du loyer.
L’Agence nationale pour l’information sur le logement confirme qu’une lettre recommandée qui n’a pas été remise à son destinataire ne rend pas le congé effectif.
Lorsque le calendrier devient serré ou que le propriétaire retire rarement ses courriers, la signification par un commissaire de justice apporte une sécurité supplémentaire. Le délai commence le jour de la signification. La remise en main propre contre récépissé ou émargement offre également une solution simple, à condition de conserver une preuve datée et signée.
Un courrier électronique ordinaire, un SMS ou un appel téléphonique ne figurent pas parmi les formes légales prévues pour notifier le congé. Ils peuvent faciliter les échanges, mais ils ne remplacent pas la procédure exigée. Une lettre recommandée électronique peut constituer une solution à condition de respecter le cadre juridique applicable à ce mode d’envoi et de permettre une identification fiable du destinataire.
Comment calculer la date exacte de fin du préavis ?
Le préavis se calcule de date à date. Il ne correspond pas nécessairement à un mois civil complet et ne s’arrête pas automatiquement au dernier jour du mois.
Si le propriétaire reçoit un congé soumis à un préavis d’un mois le 12 septembre, celui-ci expire le 12 octobre. Si le délai applicable atteint trois mois, il se termine le 12 décembre.
Le locataire ne doit donc pas raisonner selon la date habituelle de paiement du loyer. Un loyer prélevé le premier jour de chaque mois ne signifie pas que le bail doit se terminer le dernier jour du mois précédent.
Lorsque le mois d’arrivée ne comporte pas le même numéro de jour, le délai expire le dernier jour de ce mois. Un préavis de trois mois qui commence le 30 novembre s’achève ainsi le dernier jour du mois de février, soit le 28 ou le 29 selon l’année.
Les samedis, dimanches et jours fériés entrent dans le calcul. Si le dernier jour du préavis tombe un dimanche, le bail prend fin ce dimanche. Le terme ne se reporte pas automatiquement au lundi. Cette méthode de calcul est rappelée dans la notice officielle relative aux congés locatifs.
Le préavis dure-t-il toujours trois mois ?
Pour une location vide utilisée comme résidence principale, le préavis du locataire atteint en principe trois mois. Il peut toutefois être réduit à un mois dans plusieurs situations prévues par la loi.
Le délai d’un mois s’applique notamment lorsque le logement se situe en zone tendue. Il concerne aussi certaines évolutions professionnelles, comme l’obtention d’un premier emploi, une mutation, une perte d’emploi ou un nouvel emploi consécutif à cette perte. Un état de santé qui impose un changement de domicile peut également ouvrir ce droit lorsqu’un certificat médical le justifie.
Les bénéficiaires du RSA ou de l’allocation aux adultes handicapés peuvent bénéficier du préavis réduit. La même règle concerne notamment certains locataires auxquels un logement social vient d’être attribué ainsi que des victimes de violences conjugales répondant aux conditions légales.
Le locataire doit mentionner le motif dans son courrier et joindre le justificatif au moment où il donne congé. S’il oublie cette formalité, le délai de trois mois risque de s’appliquer. Habiter en zone tendue doit également apparaître dans la lettre, même si la localisation du logement semble évidente.
Dans une location meublée utilisée comme résidence principale, le locataire bénéficie d’un préavis d’un mois sans devoir invoquer un motif particulier. Ce délai s’applique également au départ anticipé d’un bail mobilité. Les règles de fin d’une location meublée sont précisées par l’ANIL.
La remise des clés met-elle fin au bail plus tôt ?
La remise des clés marque la restitution matérielle du logement. Elle prouve que le locataire n’en conserve plus la jouissance. Elle ne réduit cependant pas automatiquement le préavis.
Un locataire peut déménager et rendre les clés le 10 septembre alors que son préavis se termine le 30 septembre. En l’absence d’accord du propriétaire ou de relocation anticipée, il reste redevable du loyer et des charges jusqu’au 30 septembre.
Cette règle surprend souvent, car le locataire n’occupe plus réellement les lieux. Pourtant, lorsqu’il prend lui-même l’initiative du congé, la loi lui impose le paiement pendant toute la période de préavis.
La situation change si le propriétaire accepte par écrit une fin anticipée du bail. Les parties peuvent convenir d’une date plus proche, notamment lorsque le logement peut être reloué immédiatement. Cet accord doit rester suffisamment précis. Il gagne à indiquer la nouvelle date de fin du bail, les conditions de remise des clés et le dernier jour facturé.
Sans écrit, chacun peut conserver une interprétation différente de la discussion. Une formule vague comme « vous pouvez partir plus tôt » ne permet pas toujours de savoir si le bailleur renonce réellement au solde du loyer.

L’arrivée d’un nouveau locataire interrompt-elle le paiement ?
Lorsque le logement accueille un nouveau locataire avant la fin du préavis, avec l’accord du propriétaire, l’ancien occupant ne doit plus payer le loyer à partir de cette nouvelle occupation. Le bailleur ne peut pas percevoir deux loyers pour le même logement et la même période.
Si le préavis devait se terminer le 20 octobre, mais qu’un nouveau bail prend effet le 8 octobre, l’ancien locataire reste normalement redevable du loyer et des charges jusqu’au 7 octobre inclus. Le nouveau contrat prend ensuite le relais.
Il convient toutefois de distinguer une simple visite, une réservation ou la signature d’un bail avec une véritable entrée dans les lieux. La loi vise l’occupation du logement par un autre locataire en accord avec le bailleur. Pour éviter une discussion, les parties ont intérêt à identifier clairement la date de prise d’effet du nouveau contrat.
Le propriétaire n’a pas l’obligation générale d’accepter n’importe quel candidat présenté par le locataire sortant. Il conserve le droit d’étudier le dossier et de vérifier les garanties. Il ne peut toutefois pas réclamer le loyer à l’ancien occupant pour une période déjà couverte par le nouveau locataire.

Le dernier loyer doit-il être payé en totalité ?
Le dernier loyer se calcule au prorata du nombre de jours pendant lesquels il reste dû. Le fait que le bail ait commencé le premier jour d’un mois ne transforme pas le dernier mois en période indivisible.
Si le préavis s’achève le 10 octobre, le locataire doit uniquement le loyer et les charges correspondant aux dix premiers jours du mois. Pour un montant mensuel de 900 euros charges comprises, le calcul s’effectue selon le nombre réel de jours du mois. En octobre, le montant atteint environ 290,32 euros, soit 900 multiplié par 10 puis divisé par 31.
Le locataire ne peut pas décider d’utiliser son dépôt de garantie pour payer cette dernière échéance. Le dépôt répond à une autre fonction. Il permet au bailleur de couvrir, après justification, d’éventuels loyers impayés, charges restant dues ou réparations locatives. Service-Public.fr rappelle que le dépôt de garantie ne peut pas remplacer le dernier mois de loyer.
L’état des lieux de sortie fixe-t-il la fin du contrat ?
L’état des lieux de sortie constitue une étape essentielle, mais sa date ne fixe pas nécessairement la fin juridique du bail. Il sert avant tout à comparer l’état du logement avec celui constaté lors de l’entrée du locataire.
Dans la pratique, l’état des lieux, le déménagement et la remise des clés interviennent souvent le dernier jour du préavis. Les différentes dates se confondent alors et aucune difficulté particulière ne se présente.
Elles peuvent néanmoins diverger. Un état des lieux organisé avant le terme ne libère pas automatiquement le locataire de son obligation de paiement. À l’inverse, un locataire qui conserve les clés après la fin du préavis continue d’occuper le logement sans titre. Il s’expose alors au paiement d’une indemnité d’occupation et à d’autres démarches du propriétaire.
La date de restitution des clés joue également un rôle dans le délai de restitution du dépôt de garantie. Le propriétaire dispose en principe d’un mois lorsque l’état des lieux de sortie correspond à celui d’entrée, et de deux mois lorsque des différences justifient des retenues. Il faut donc conserver une preuve de la date à laquelle les clés ont été rendues.
Le locataire peut-il choisir une date plus tardive ?
Le locataire peut annoncer une date de départ postérieure à la durée minimale du préavis. Il peut, par exemple, notifier son congé le 5 septembre tout en précisant qu’il quittera le logement le 31 octobre, alors qu’un délai d’un mois lui permettrait de partir dès le 5 octobre.
Dans cette situation, la date expressément demandée peut devenir la date prévue du départ. Le locataire doit donc rédiger son courrier avec attention. S’il souhaite seulement respecter le délai légal, mieux vaut indiquer que le bail prendra fin à l’expiration du préavis calculé à compter de la réception du congé.
Il peut également proposer une date précise, tout en demandant au bailleur de la confirmer. Cette méthode devient utile lorsqu’un déménagement, une nouvelle prise de location ou la disponibilité d’un professionnel impose un calendrier particulier.
Que se passe-t-il en colocation ?
Le départ d’un colocataire ne met pas nécessairement fin au bail pour les autres occupants. Lorsqu’un seul colocataire donne congé, le contrat continue avec ceux qui restent dans le logement.
Le colocataire sortant cesse d’être locataire à l’expiration de son préavis. Une clause de solidarité peut toutefois prolonger certaines de ses obligations. En l’absence de remplaçant, sa solidarité et celle de sa caution peuvent se poursuivre pendant une durée maximale de six mois après la fin de son préavis. Elles prennent fin plus tôt lorsqu’un nouveau colocataire figure au bail.
Un congé collectif doit, quant à lui, exprimer clairement la volonté de tous les titulaires concernés. Chaque situation doit tenir compte des personnes qui ont signé le contrat, du statut du couple et du contenu de la clause de solidarité.
Quelle date faut-il finalement retenir ?
La date réellement déterminante reste celle qui résulte de l’expiration du préavis, calculé à partir de la réception valable du congé. C’est elle qui marque normalement la fin du bail et de l’obligation de payer le loyer.
La remise des clés confirme le départ matériel, mais elle ne raccourcit pas seule le délai. L’état des lieux constate l’état du logement, mais il ne remplace pas le congé. La date d’envoi du courrier prouve une démarche, mais elle ne déclenche pas le calcul.
Avant de réserver un déménagement ou de signer un nouveau contrat, le locataire doit donc vérifier trois éléments. Il doit connaître la durée de préavis applicable, choisir un mode de notification incontestable et calculer le terme à partir de la réception effective. Lorsqu’un départ anticipé devient nécessaire, un accord écrit avec le bailleur reste la meilleure protection.
La fin d’un bail ne dépend finalement pas du jour où les cartons franchissent la porte. Elle repose sur une chronologie juridique précise. Quelques dates bien vérifiées évitent alors un double loyer, une lettre inefficace et bien des discussions au moment de rendre les clés.
L’avis expert de Lesiteimmo.com
La plupart des désaccords naissent d’une confusion entre l’envoi du congé et sa réception. Le cachet de La Poste ne déclenche pas le préavis. Le délai commence lorsque le bailleur reçoit effectivement la lettre recommandée, lorsque le commissaire de justice signifie le congé ou lorsque le propriétaire signe le récépissé d’une remise en main propre.
Le locataire doit également distinguer la restitution des clés de la fin du préavis. Il peut quitter le logement plus tôt, mais il reste normalement redevable du loyer et des charges jusqu’au terme du délai. Seul un accord du bailleur ou l’arrivée d’un nouveau locataire peut interrompre cette obligation avant la date prévue.
Notre conseil consiste à prévoir une marge de sécurité et à faire confirmer par écrit toutes les dates importantes. Le document doit préciser la réception du congé, l’expiration du préavis, l’état des lieux et la remise des clés. Quelques lignes suffisent pour éviter plusieurs semaines de discussion.
Pour finir, une date bien calculée évite les derniers litiges
La fin du bail ne correspond pas automatiquement au jour du déménagement, de l’état des lieux ou de la remise des clés. Lorsque le locataire donne congé, la date déterminante reste celle de l’expiration du préavis. Celui-ci commence seulement lorsque le bailleur reçoit valablement la notification.
Le locataire doit donc anticiper le délai d’acheminement de sa lettre et conserver une preuve de sa réception. Une lettre recommandée non réclamée ne déclenche pas le préavis. La remise en main propre contre récépissé ou la signification par un commissaire de justice apporte davantage de sécurité lorsque le calendrier devient serré.
Un départ anticipé reste possible si le bailleur l’accepte ou si un nouveau locataire occupe le logement avec son accord. Cette modification doit toutefois apparaître dans un écrit précis. Une chronologie claire protège ainsi le propriétaire comme le locataire et permet de calculer correctement le dernier loyer.
Questions fréquentes sur le préavis du locataire
Quelle date déclenche le préavis du locataire ?
Le préavis commence le jour où le bailleur reçoit la lettre recommandée, lorsque le commissaire de justice signifie le congé ou lors d’une remise en main propre contre récépissé.
La date d’envoi de la lettre recommandée compte-t-elle ?
Non. Le cachet de La Poste ne fixe pas le début du préavis. Seule la réception effective du congé par le bailleur déclenche le délai.
Que se passe-t-il si le propriétaire ne retire pas la lettre ?
Une lettre recommandée non réclamée ne rend pas le congé effectif. Le locataire doit utiliser une autre forme de notification pour faire commencer le préavis.
La remise des clés met-elle immédiatement fin au bail ?
Non. Elle confirme le départ matériel, mais ne réduit pas seule le préavis. Le loyer reste normalement dû jusqu’au terme du délai.
Peut-on quitter le logement avant la fin du préavis ?
Oui, mais le loyer reste dû jusqu’au terme prévu, sauf accord écrit du bailleur ou installation d’un nouveau locataire avec son accord.
Comment calculer le dernier loyer ?
Le dernier loyer et les charges se calculent au prorata du nombre de jours pendant lesquels ils restent dus.
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