
Crédit immobilier 2025 : quelles durées et quels taux ?
Le vent tourne sur le marché du crédit immobilier. Après une année 2023 historiquement tendue et un léger ralentissement en 2024, l’année 2025 s’ouvre sur une phase de stabilisation — voire de détente — des taux d’emprunt. Un contexte encore prudent, mais plus lisible pour les acheteurs.
Sommaire
Selon les dernières données publiées par l’Observatoire Crédit Logement/CSA (janvier 2025), le taux moyen toutes durées confondues s’établit à 3,75 %, en recul de 0,35 point par rapport au pic d’octobre 2023. Ce repli s’accompagne d’un allongement des durées d’emprunt, indicateur clé du redémarrage du marché.
Une baisse des taux timide mais réelle
Depuis le 1er trimestre 2024, la BCE a progressivement assoupli sa politique monétaire, provoquant une détente des taux obligataires. Les banques, en quête de parts de marché, commencent à répercuter ce mouvement :
Durée | Taux moyen janvier 2025 | Taux moyen janvier 2024 |
---|---|---|
15 ans | 3,45 % | 3,90 % |
20 ans | 3,75 % | 4,10 % |
25 ans | 3,90 % | 4,30 % |
Ce recul reste contrasté : les profils les plus solides (apport ≥ 20 %, revenus stables) accèdent à des taux sous les 3,50 %, tandis que les emprunteurs modestes ou sans apport se voient encore proposer des conditions supérieures à 4 %.
Des durées d’emprunt qui s’étendent à nouveau
La durée moyenne des prêts immobiliers a progressé pour atteindre 243 mois (soit un peu plus de 20 ans), contre 236 mois début 2024. Une stratégie assumée par les banques pour maintenir la solvabilité des dossiers dans un contexte de taux élevés.
Selon le courtier Meilleurtaux, 55 % des prêts accordés en 2025 concernent une durée de 25 ans, contre 47 % en 2023. L’allongement des durées permet de contenir les mensualités mais augmente le coût total du crédit, un arbitrage que de nombreux emprunteurs acceptent en 2025.
Quelles stratégies adopter en 2025 ?
1. Optimiser son dossier reste crucial.
Les banques restent sélectives. Un apport solide, une bonne tenue de compte et une stabilité professionnelle facilitent l’accès au meilleur taux.
2. Comparer les offres devient essentiel.
Les écarts peuvent atteindre 0,50 point d’une banque à l’autre, voire davantage entre réseau traditionnel et courtier en ligne.
3. Intégrer les nouvelles contraintes réglementaires.
Le taux d’endettement reste plafonné à 35 % assurances incluses (règle HCSF), et les biens à rénover lourdement sont plus difficilement finançables, notamment s’ils sont classés F ou G au DPE.
4. Revoir l’échéancier en fonction des projets.
Certains emprunteurs privilégient un financement sur 20 ans avec mensualités plus fortes pour limiter les intérêts, tandis que d’autres préfèrent étaler sur 25 ans et conserver de la capacité d’épargne.
Et les taux vont-ils encore baisser ?
La tendance à la baisse pourrait se poursuivre légèrement au second semestre 2025, si la Banque centrale européenne poursuit son cycle de détente monétaire. Toutefois, les professionnels restent prudents. Pour Maël Bernier (Porte-parole de Meilleurtaux) :
« Une chute brutale des taux est peu probable. On peut espérer stabiliser autour de 3,5 % sur 20 ans d’ici fin 2025, mais pas au-delà. »
Conclusion
En 2025, le crédit immobilier retrouve une forme d’équilibre. Les taux restent supérieurs à ceux d’avant 2022, mais la détente engagée redonne de l’oxygène aux emprunteurs. Pour les acquéreurs, la clé réside dans une bonne préparation de leur dossier, une négociation active, et un choix éclairé de la durée d’emprunt. Dans un marché qui repart lentement, le crédit redevient un levier — à condition d’être bien utilisé.
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